ExtraitAlbert DÜRER, né en 1471 à Nuremberg, apprit de son père orfèvre le maniement du burin, métier minutieux et appuyé qui enferme les formes en un réseau de lignes aiguës. L’Autoportrait au chardon : cette oeuvre est aussi appelée, à tort semble-t-il, Autoportrait au ricin; un des chefs d’oeuvre du musée du Louvre, est bien une peinture de graveur : le pinceau y poursuit des lignes fines, souples et enchevêtrées. Ce sont les boucles de la chevelure et les flots de rubans de la toque, les plis serrés de la couture à petits points de la chemise, les arabesques du manteau et du fond. Dürer peignit ce premier autoportrait en 1493 dans l’intention de l’envoyer à sa fiancée Agnes Frey, comme on peut le supposer d’après la fleur de ricin, symbole de la fidélité conjugale. Malgré la presse de l’amour triomphant, certains y devinent l’amorce de l’angoisse, la gravité du sentiment religieux, la fierté de l’artiste. |